J'ai frôlé l'overdose...

Pourtant tout roulait comme sur des roulettes : j'avais mon programme défini à l'avance, qui respectait mes envies et les besoins de mon armoire (déjà pleine à craquer mais qui accepte toujours une petite pièce supplémentaire, en tassant bien), j'étais fière de pouvoir dire que cela fait bien 3 ans que je n'ai rien acheté en magasin de prêt-à porter (à l'exception de mes chausettes, lingerie et active-wear), et j'avais mon rythme pré-défini de ma couture et de mon article tous les dimanches... Bref, tout se goupillat à merveille dans le meilleur des mondes.

Bubu en fleurs japonaises

Sauf que...

Sauf que voilà : dans la vraie vie, il y a une foule d'envies et de nouveautés qui vous tiraillent tous les mois et qui allongent votre pré-todo-liste (c'est à dire celle qui précède la liste de vos projets programmés), il y a la frustration d'avoir envie d'en coudre plus et plus vite qui bataille avec la frustration de ne pas varier dans ce loisir solitaire et de ne pas faire d'autres choses, il y a des besoin en vêtements urgentissime, type les basiques en débardeur jersey blanc et noir (dont les versions actuelles sont en passe de devenir des serpillières rapiéciées), qui ne sont pas forcément des coutures gratifiantes, que l'on ne programme pas, alors qu'on en a besoin, mais c'est parce qu'on a déjà tellement de choses à coudre !

C'était donc le moment d'ouvrir une celulle de crise spéciale couture !

Robe 115 - Burda

Besoins versus envies

Parfois j'ai l'impression d'être une véritable Becky Bloomwood qui a fait d'Etsy son Tiffany de la couture, son temple de la tentation. Et qui deale dans son quotidien avec les conséquences dramatiques de son addiction. Ca ne serait pas dramatique, si ce que j'avais me satisfaisait amplement, mais ce n'est pas le cas : j'ai envie de toujours plus, comme un monstre qui aurait une éternelle faim insatiable. Le drame de nos envies c'est l'histoire du tonneau troué des Danaïdes : il est condamné à être éternellement rempli... Damn, ma vie est foutue (et surtout mes placards vont explosés) !

DSC01367   Bubu forever - la 115

Mais entre l'extrême de vouloir satisfaire absolument toutes nos envies (mission impossible #6) et l'extrême opposé de vouloir éteindre le feu de toutes nos envies, cause de toutes nos souffrances, il a la solution du juste milieu. Lier mes besoins à mes envies, et inversement. La mise en place du wardrobe architect devait être une délivrance dans ce sens, et il est pourtant devenu un programme tyrannique de collections à respecter dans l'ordre du temps et des saisons. je n'aimerais coudre que des "vêtements préférés" à la maniere de Lathelize. Coudre moins mais mieux, en utilisant de belles matières, même si elles sont plus chères.

Robe Burda 115

J'ai récemment commandé le livre "The curated closet" de l'auteure du blog "Into-mind" que j'ai souvent cité par ici comme source d'inspiration pour la création d'une garde-robe fonctionnelle. Je compte pousser la réflexion plus loin et réellement la mettre en pratique! Le livre peut être complété d'un workbook pour encore plus d'exercices concrets. Je vous dirai ce que j'en pense une fois reçu... et lu !

Source: Externe

Objectif : plaisir !

Coudre en devient presque une obligation parfois, pour respecter les objectifs que je me suis arbitrairement fixé, et pour répondre à mes besoins en vêtements fonctionnels. La couture devrait rester un plaisir, et au final, les cousettes que je préfère ont une histoire créative. Dans cet esprit, les dernières cousettes qui m'ont donnée le plus de plaisir dans tout le process de couture et de création, ont été la robe bustier Bubu-forever, la robe opale coquelicot et cette dernière robe, la Burda 115 du magazine de juin 2016 (qui est sorti ce mois-ci au Brésil, avec les 6 mois de décalage habituels qui correspond à notre différence de saison), joliment nommé "Sweetheart Dress" sur le site du magazine. J'ai acheté leur tissu en même temps : cela a été un vrai coup de coeur combiné! Ce sont des tissus qui sortaient de mon budget habituel, et pour autant je les ai bien rentabilisé chacun! De cette expérience, je peux en ressortir deux leçons à retenir pour le futur :

Robe 115 062016 - Burda

Principe-qui-marche-bien #1: acheter moins mais mieux ! Il vaut mieux quelques tissus coup de coeur de bonne qualité, que je serai sûre de coudre et de porter, qu'une multitude qui resteront dans mon placard dans l'attente d'un hypothétique projet (de pyjama?)

Principe-qui-marche-bien #2 : coudre ce que je suis quasiment sûre de porter (sauf si c'est raté of course), par exemple : les robes, surtout les droites et ajustées que je trouve parfaitement bureau-compatibles, et ce quelque soit la saison. En revanche, je porte beaucoup moins des pantalons et des chemises : par conséquent, je n'aurais besoin qu'un nombre limité de patrons : je sais sur quels points je peux me faire plaisir!

La robe au temps des cerises

Ce tissu m'évoque des cerisiers du Japon en fleurs... Que je n'ai jamais vu de mes propres yeux mais que j'imagine ainsi : des couleurs douces et pastels accompagnées d'un subtil parfum qui annonce le renouveau printanier à venir! Je ne savais pas exactement quel modèle de robe j'allais coudre au moment de mon achat, mais mon choix s'est vite posé sur le modèle 115 du Burda Style du mois de juin avec lequel j'étais reparti dans mes valises après mes vacances. Ce modèle a connu un petit succès éphémère sur la toile, notamment chez By Sandra's hand ici et là, que je dois dire est amplement mérité!

Détails robe 115 - dos

C'est un modèle de robe en taille haute (très pratique pour les sorties au restaurant un peu habillé où l'on compte s'empiffrer déguster un bon met) et un peu décolleté. Sa forme droite et ajustée fait qu'elle passe très bien en réunion, tout en étant agréable à porter! Cousue en 36, je n'ai effectué aucune modification (bien que le popotin ait des tendances dangereusement trentuitesques). La couture du corsage est un point technique intéressant : les pinces poitrines ont été cachées dans une découpe en carré astucieuse et originale. J'avoue que c'est une technique que je ne maîtrise pas forcément bien et j'ai un mini-pli qui subsiste dans le coin de ma découpe droite, bien que je me sois d'abord entraînée sur les découpes de la doublure qui, elles, sont parfaites [rage]. Mais comme le dit ma chère Mamoune, "à moins de mettre son nez dessus [ce qui reviendrait à mettre son nez sur mon sein droit, et donc qui serait d'un goût plus que douteux, vous en conviendrez], on ne voit strictement rien". D'ailleurs je suis sûre que, même en vous l'ayant signalé, vous ne le voyez pas (hein, vu que vous n'avez pas le nez dessus, vous suivez?).

Burda sweetheart dress

Cette robe fait partie de mes modèles-coup-de-coeur-succès-assuré synonyme de rapidité-maxi-effort-mini-pour-effet-boeuf-assuré. Bref, une valeur sûe à duppliquer. Je pense donc m'en recoudre une version pour l'année à venir... dans un prochain tissu coup de coeur ! 

Fiche technique - robe Burda 115 062016