Lors de mes petites (et courtes) vacances françaises, j'en ai profité pour me cultiver un peu, surtout que la journée... ben tout le monde travaillait, sauf moi. Qu'à cela ne tienne, je ne me suis pas ennuyée pour un sou entre les expositions temporaires à voir et les musées que je n'avais pas encore visités.

La première était l'exposition temporaire Fashion Mix. Mode d'ici. Créateurs d'ailleurs. au musée de l'immigration à la Porte Dorée. Comme il était interdit de prendre des photos, j'ai fait quelques gribouillages dessins et croquis sans prétention, juste pour garder en mémoire toutes les belles choses qui m'ont fait briller les mirettes. 

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"La haute couture, ce grand art que l’on dit français fut inventée au milieu du XIXe siècle par un couturier d’origine anglaise, Charles Frédérick Worth. Il signa les robes comme un artiste signe ses créations, inventa le renouvellement saisonnier et le principe du défilé. Grâce à lui on vit converger tous les regards sur Paris, qui devint le socle de toutes les modes à venir. L’histoire de la mode est ainsi constituée dès son origine par l’adoption des grands talents aux nationalités multiples : les plus grands couturiers sont venus d’Espagne, d’Italie ou d’Amérique. Tout au long du XXe et XXIe siècle, Paris a su préserver un statut particulier et les écoles stylistiques s’y succèdent. Les créateurs japonais y ont écrit la mode contemporaine, les créateurs belges l’ont chahuté aussi, les créateurs anglais l’ont vampirisé…

Les pièces emblématiques de ces couturiers (robes, manteaux, chapeaux, accessoires) dessinent l’épine dorsale de l’exposition et montrent les influences stylistiques des uns et des autres sur la mode française. A travers des documents d’archives, issus de fonds privés et publics, ce sont les parcours migratoires des créateurs qui sont évoqués. Mais la mode c’est également des métiers et des savoir-faire spécifiques. L’exposition évoque ainsi certains métiers particulièrement marqués par l’immigration." [extrait du Parcours de l'exposition. Source : http://www.histoire-immigration.fr]

Première partie : du milieu du XIX° siècle jusqu'aux années 60

Ce couturier d'origine anglaise avec son style exhubérant présente des collections pleines de faste, avec un certain goût pour la provocation. L'excentricité anglaise trouve sa légitimité. C'est de lui d'oû provient l'origine des griffes apposées à l'intérieur des robes, comme un peintre signerait sa toile. On peut parfois retrouver son style aujourd'hui chez Vivienne Westwood, John Galliano et Alexander McQueen. L'histoire dit qu'il aurait souhaité que son nom se prononce à la française "Vort"

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 à g. Worth & Bobergh - Ensemble de jour 1869 / à dr. Alexander McQueen - Tailleur jupe, veste et collet 1997

Rien à voir avec l'école anglaise car Christoff von Drecoll est d'origine autrichienne mais je suis tombée en pâmoison devant cette petite merveille qui, avec sa taille empire, ses superpositions en transparence et ses magnifiques broderies, est mon coup de coeur de l'expo!

Drecoll - Ensemble du soir 1910

 Drecoll - Ensemble du soir 1910

  • Recherche sur les tissus

Mariano Fortuny (1871-1949), d'origine italienne est passionné par les expériences textiles. Il fera breveuter pas moins de 20 inventions dont la création d'une étoffe à plissé permanent dans laquelle est réalisée la robe Delphos par exemple. Plus récemment, le couturier japonais Issey Miyake a quant à lui contrinué à d'autres découvertes techniques liées au plissé présentées dans sa collection "Pleats please". Son tissu est léger et infroissable. 

Issey Miyahe - Combinaison Pleats please - 1998

 Issey Miyake - Combinaison "Dragon Explosion" col. Pleats Please 1998

Fuyant la Révolution, l'aristocratie russe s'installe en France. "Ce sont les russes qui ont réappris au monde la joie chantante de la couleur, que d'habiles brodeuses ont su avec leur aiguille capturer" ["l'aristocratie russe trouve refuge dans le travail" Vogue]

Lola Prussac - Electre robe du soir - 1972

 Lola Prussac (de son vrai nom Leontine) - "Electre" Robe du soir - 1972

Pareil, rien à voir avec les Russes puisqu'il est d'origine allemande, mais sa robe se trouvait à cette partie de l'expo (la logique du parcours n'est pas vraiment clair à comprendre)

Karl Lagerfeld - Zermatt - 1974

Karl Laguerfeld pour Chloé (maison fondée par Clare Weight Keller d'origine egyptienne) - "Zermatt" 1974

C'est elle qui dit "le dessin de robe n'est à mon avis pas une profession mais un art" et cela se ressent dans ses créations. Ayant un certain goût pour le surréalisme, elle entretenait des relations étroites avec les artistes dont Salvador Dali pour qui elle a dessiné le chapeau-chaussure en 1937 destiné à Gala. Chanel disait d'elle "cette artiste qui fait des robes".

Schiaparelli - prototype sweater - 1930   Schiaparelli - robe du soir - 1937

 à g. prototype de sweater (en mailles) 1930 / à dr. Robe du soir 1937 ayant appartenu à Irina Ionesco

Le style de Schiaparelli se retrouve dans une couturière contemporraine, elle aussi italienne : Poppy Moreni.

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Cristobal Balenciaga arrive en France en 1936 afin de fuir la guerre civile espagnole. Il se fait remarquer grâce à ses collections singulières, hybride aux accents hibérique mais s'inscrivant dans la tradition française. Dans sa lignée se trouvent Castillo (qui dirigea les collections de la maison Lanvin de 1950 à 1963), Paco Rabanne (1936) et Sybilla. Cette dernière a un sens raffiné des volumes, utilise des couleurs aux nuances sourdes (je reprends mes notes, ne faites pas les yeux ronds comme ça) et des matières voluptueuses et confortables. La rigueur de son dessin associée aux tonalités maîtrisées et à la simplicité de la forme, situe son travail en lien direct avec celui de Balenciaga.

Lanvin-Castillo - Dona Sol robe du soir - 1960   20150207_172522

 à g. Lanvin-Castillo - Robe du soir "Doña Sol" P-E 1960 / à dr. Sybilla "Ange" Manteau 1989

  • Haute Couture cosmopolite des années 50

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à g. Robert Pigeret (origine Suisse) - Robe "Nid d'abeille" PE 1943 / à dr. Jean Dessès (origine grecque) Robe du soir 1956

Hermès par Catherine Karolyi - Manteau jour -1967

 Catherine Karoli pour Hermès - Manteau jour 1967

Deuxième partie : de la fin des années 70 à aujourd'hui

  • L'école Japonaise, belge, et le foisonnement contemporrain.

Lorsqu'ils arrivent dans la mode française, les japonais (Issey Miyake, Rei Kawakuko, Yohji Yamamoto...) font peur à la presse. Ils apportent un style particulier ou règne le "destructuré", le "non-fini" à la grâce absolue ou l'asymétrie est souverraine. Le noir est une encre dans laquelle ils puisent l'inspiration. En 1980 et 1981, "6 + 1" créateurs (dont Martin Margiela dont j'ai beaucoup aimé les "bretelles sculptures" et "la robe portée à l'envers comme une jupe") sont diplômés de l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers, en Belgique (surnommés les "six d'Anvers") mais c'est à Paris qu'ils connaîtront le succès à partir de 1990. La présence d'autres créateurs d'origine étrangère comme Thom Browne, Albert Elbat, Olivier Theysens, Alaïa Azzedine... dans le monde de la mode à Paris "atteste de ce caractère laboratoire de la capitale mais également de cette réussite industrielle et économique telle qu’elle est guidée par les groupes de luxe." 

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Infos pratiques :

Jusqu'au au 31 mai 2015. Horaires d'ouverture : du ma au ve de 10h à 17h30. Sa et di de 10h à 19h. Tarif unique : 6 €

Pour aller plus loin : le blog Avant Fashion Mix, le Parcours d'exposition, ressources doc Mode d'ici et Créateurs d'ailleurs . Le catalogue de l'exposition est en vente dans la boutique du musée et dans certaines Fnac

Musée Porte Dorée