Après cinq mois passés dans mon nouveau pays, je pense m'être assez bien intégrée même si je suis encore en apprentissage des principes de base pour une vie en société sans heurts :

- J'ai assez vite compris le principe de la file indienne et de la queue, ce que les brésiliens respectent stricto sensu (ne vous avisez pas de gruger, même pour rentrer dans le bus) et j'ai enfin le réflexe de penser à prendre systématiquement mon ticket (au lieu d'attendre indéfiniment mon tour - oui, même pour aller demander à couper votre tissu), 

- J'ai mon entraînement de running au top pour traverser au passage piéton : rouge vous êtes dans les strating-blocks, vert, vous vous élancez car vous savez que vous n'avez que cinq secondes pour traverser ces deux fois trois voies, il n'y a pas une nano seconde à perdre. Vous avez également développé la souplesse du héron cendré quant à votre cou, ajoutée à la vision périphérique du caméléon afin de traverser en regardant uniquement du côté des voitures qui pourraient possiblement arriver... ou griller le feu rouge. Advienne que pourra à ce qui se passe devant vous.

- Je m'excuse pour tout. C'est une notion de survie de base. Par contre fuck le merci. Remplacez le par un second "pardon, excusez-moi", ça passera mieux.

- L'arroz-feijão (le riz-haricot) c'est la vie. Et j'évite à présent le sujet "nourriture" dans mes discussions qui terminent irrémédiablement par une question du style "Mais comment tu fais? Tu n'as pas de carences si tu n'en manges pas tout les jours? T'aimes pas ça en fait?" doublé d'un regard hautement suspicieux. Mieux vaut parler de sujets moins sensibles comme politique, ou religion.

- Ca ne se fait PAS d'aller demander aimablement au voisin de baisser sa musique (à fond le dimanche matin, 8h). Non, interdit, tabou. Faire du bruit est un droit, et c'est un devoir d'utiliser ce droit. Quand on n'a pas le droit de l'utiliser c'est la nuit et il y a la "loi du silence" (texto sensu. à ne pas confondre avec l'omerta) pour ça. J'ai horrifié mon entourage quand ils ont appris ce que j'avais osé faire. Par contre, on peut allègrement parler sur le dos du-dit voisin, avec les autres voisins.

Robe Opale - Grains de couture

Evidemment, si j'en suis là de mon apprentissage, c'est que toutes les gaffes à faire, je les fais avec innocence et ignorance mais néanmoins application. Il en va de même de ma dextérité à manier les subtilités de ma nouvelle langue. Je suis reconnaissante à mes interlocuteurs qu'ils ne m'aient pas forcément prise au pied de la lettre et qu'ils m'aient toujours donné de l'agua de coco (malgré le fait que je leur demandais stématiquement de l'eau de caca (cocô en portugais)), ou du pão de queijo (pain, et non pas "pau" à savoir bite au fromage) - je vous assure que je ne suis pourtant pas une personne grossière! Je comprends pourquoi j'étais la seule à ranger les yaourts... on ne devait sûrement pas comprendre pourquoi je m'évertuais à demander à ce qu'on les mette dans la poele à frire (frigideira) et non pas le frigo (geladeira). Et ce n'est là qu'un petit extrait de mes performances quotidiennes...

Mais malgré cela, on a tout de même l'air de m'apprécier. Je dois passer pour une originale rigolote... Et puis je suis française, alors au final on pardonne tout, parce que c'est "chic". Hum... me trouvera-t'on toujours aussi chic après l'histoire de ma robe Opale?

croquis crayon   Robe Opale au crayon

C'était un jour boulet, comme parfois il nous en arrive quand la chance est en vacances, ou la seule solution est d'attendre patiemment qu'il finisse en limitant au possible les potentielles catastrophes. Ce jour là donc, entre d'autres déboires mineurs, j'ai cassé mes tropéziennes, "casser" ma robe Opale mais j'ai gagné un rhume en échange. Le bilan final est plutôt équilibré, cela aurait pu être pire!

Après mes réalisations chéries, issues elles-aussi du Livre Grains de couture pour Hommes & Femmes (rentabilité, rentabilité!) à savoir la robe Perle de Nacre, la jupe Perle de Nacre et son partenaire Jadestone, j'ai récidivé dans un modèle d'Ivanne Soufflet avec une robe Opale, toute dopée que j'étais par les chouettes réalisations de By Séverine et Le fil à coudre d'Anna.

Robe Opale - détail dos et noeud

 

Mon tissu choisi était un coton un peu épais et légèremment élastique. Pour éviter de trop charger la robe, j'ai décidé de zapper les différents empiècements du buste devant et de le coudre en un tout uniforme. Le dos quant à lui garde ses deux charmantes ouvertures en rond. Le buste est coupé en 36 et la jupe en 38. J'avais bien dit que je trouvais les finitions au biais des emmanchures certaines rapides et pratiques mais au final pas très jolies et que la prochaine fois je redessinerai une parmenture incluant les emmanchures maismais dans un souci d'efficacité, j'avais déjà coupé à la chaine plusieurs tissus pour les réalisations à venir... Ma modification sera donc pour une prochaine fois!

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Autant j'aime d'amûûûûûr mes deux premières réalisations, autant je reste dubitative sur cette robe Opale :

- Je trouve la jupe bien trop courte et je ne suis pas très à l'aise dedans. Et puis trop évasée également

- Mon choix de tissu n'est pas des plus judicieux pour ce modèle ; il est relativement trop épais et donc trop rigide... Je préconise un tissu un peu plus fin et donc fluide (sans pour autant tomber dans la crêpe ou la viscose)

- Je pense que ma silhouette serait plus harmonieuse si je rallongeais le buste de 2 cm

Détails robe Opale

Déjà, notre relation ne commençais pas sous les meilleurs auspices mais j'avais décidé de lui donner une chance en l'étrennant pour un sortie pour laquelle je projetais de prendre des photos sur l'avenue Paulista, l'une des avenues centrales de São Paulo qui compte pas mal de grandes entreprises, des consulats, des chambres de commerce etc. mais qui n'est pas exempt pour autant de petites (ou grosses) déconvenues. Les Paulistas disent avec humour qu'elle commence au Paradis (quartier Paraiso) et termine dans la consolation (rua Consolação), ce qui vous donne une image assez claire de son ambiguïté. Mais pour x raisons, l'appareil photo n'a pas été sorti ce jour là, et en descendant du bus qui me ramenait chez moi après cette longue journée fatigante et improductive au possible... Craaaaac quelqu'un (un abruti sans l'ombre d'un doute) a marché sur l'arrière de ma chaussure qui s'est rompu net, me faisant presque trébucher si ce n'est que je suis arrivée in extremis à me rattraper à la porte et ai donc évité un étalage en bonne et dû forme. Me voilà donc en bas de ma loooongue côte à gravir avec une chaussure qui ne tient plus au pied. J'ai donc grimpé en grommelant ma colline en claudiquant et avec cette impression désagréable d'avoir des courants d'air dans le dos, que j'ai attribué alors à mes fortes émotions et à mes ouvertures dans le dos. Qu'elle ne fut pas ma honte et ma stupeur en arrivant chez moi de me rendre compte que ma fermeture éclair s'était ouverte de tout son long (soit 45 cm) sur le côté et laissait largement apercevoir mon soutien-gorge et le côté de ma culotte. Voilà voilà... ah et du coup ces "courants d'air" m'ont donné froid et j'ai choppé un rhume...

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Depuis, même si ma fermeture éclair s'est réparée toute seule, Opale et moi, on se regarde un peu suspicieusement... 

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Fiche technique / Tecnical information / Ficha tecnica

Dessin technique - Robe Opale

 

Fiche technique Opale_FR

fiche technique opale_EN_BR