Mister A avait un jean sarouel bleu clair et Mister A voulait le même mais en noir...

Eprise d'une soudaine fierté à l'idée de coudre pour mon homme, j'ai relevé le triple défi : coudre une baguette, faire des coutures apparentes doubles droites et réussir une boutonière machine...

Je me suis bien vite rendue compte qu'il me serait bien trop compliqué de copier un pantalon à partir d'un modèle existant alors que j'en avais jamais cousu de ma vie...

Etape 1 : la quête DU patron.

Mon choix s'est arrêté sur un patron pochette Burda commandé sur patronsdecouture.com 

Patron Burda Sarouel Homme

Etape 2 : modification du patron.

Le patron étant un peu trop cintré au goût de Doudou qui voulait plutôt un sarouel "baggy", les jambes ont été rallongées de 4cm. Il en est de même pour le triangle "du Milieu" qui s'est adapté au changement des jambes, plus 2,5 cm supplémentaires à sa base.

Et rajout d'une petite poche intérieure, pour le style! (8 cm en largeur, 9 en longueur maximum, cousue à 2,5 cm du bord extérieur)

Etape 3 (et pas des moindres) : Couture!!!

Victoire! A force de langue tirée précausieucement, les coutures doubles apparentes (fil blanc cassé) sont droites! Très beau rendu des poches (sans aucunement me lancer des fleurs)

Les choses se corsent quant à la maîtrise de la braguette (une première pour moi) et les épaisseurs  accumulées du tissu ont cassé et tordu plusieurs de mes aiguilles... On a beau réduire la tension du fil, la limite reste la limite... Qu'importe, la persévérance est l'une de mes qualités et le découd-vite mon meilleur ami et la braguette a fini par prendre sa place.

Dernière étape : la ceinture et ses passants. Le découd-vite est définitivement mon meilleur ami. Oui, j'ai la facheuse tendance à coudre plus vite que mon ombre et du coup ça donne des petites scènes comme celles-ci :

"Euh... Ma chérie? C'est normal qu'il y ait un côté plus large que l'autre au niveau de la ceinture?" [Mister A, patient mais très curieux (et la curiosité l'emporte toujours sur la patience) a piqué l'ouvrage encore rempli d'aiguilles griffues  (la curiosité l'emporte aussi sur un pantalon piégé en cactus) pour l'essayer en cachette]

"Ah bon? Non pourquoi? Ah oui ARGH!" [découd-vite, grommelle, grommelle, découd-vite]

Grande défaite (et marmonnements accompagnateurs) : ma première boutonnière à la Machine. Déjà le fil n'y mettait pas du sien et faisait d'énormes noeuds sur l'envers, jusqu'à bloquer ma machine! Le tournevis s'est imposé pour régler le problème avec un démontage en règle et un nettoyage en profondeur (très pratique, le site Matri sur lequel j'ai acheté ma MAC, qui propose des petites vidéos d'aide pour l'entretien comme celle-ci). Un changement d'aiguille plus tard, le résultat était assez correct jusqu'à ce je fasse la fente du milieu... qui a coupé sur son chemin la moitié de la boutière... Grrr... le résultat n'est pas fameux et ressemble à un bidouillage qui a le seul mérite de tenir... Le carnage de la boutonnière

Etape 4 et ultime : les finitions

Les rivets noirs sur le coin des poches pour faire "vrai jean"

Un "A" brodé sur la petite poche intérieure, détail très apprécié par l'Homme. Le détail - le A brodé

 

On arrête le blabla et on laisse parler les photos :

Mannequin de face  mannequin de dos  Sarouel - Pile  Sarouel - Face

Les commentaires de Mister A :

"J'aime [ouf] mais... les passants sont vraiment petits... je vais devoir m'acheter une nouvelle ceinture!"

Les commentaires de la couturière :

Patron assez bien coupé (à adapter pour une morphologie de Black - je suis preneuse de conseils à ce sujet!). Pour permettre des passants plus larges, ne pas les coudre dans la partie inférieure de la ceinture comme expliqué. Les coudre à la toute fin à la largeur voulue.

Modèle à refaire, en coton ou lin blanc pour l'été, plus cintré mais en gardant le triangle du milieu modifié pour plus de confort (projet à venir).

Et oui : apprendre à faire des boutonnières dignes de ce nom!